TÉLÉTRAVAIL : VRAIE RÉVOLUTION OU TENDANCE MOMENTANÉE ?

08 février2021

Il a été sur le devant de la scène en 2020 : boosté par une crise sanitaire sans précédent, le télétravail n’en finit plus de faire parler de lui. Mais s’annonce-t-il vraiment aussi durable et généralisé qu’on l’imagine ? Probablement pas à la hauteur de ce qu’ont rapporté certains médias, selon une étude Opinionway pour Horoquartz.

Le télétravail en forte progression dès le début de la crise sanitaire

La crise du Covid-19 a agi comme un accélérateur : dès la mi-mars 2020, des millions de salariés ont été mis au télétravail à plein temps. Selon une enquête menée par Opinionway pour Horoquartz auprès de 2000 salariés français, 25% d’entre eux télétravaillaient encore plus ou moins régulièrement en septembre 2020.

La fréquence diffère également. Ainsi, avant l’épidémie, parmi les salariés français ayant recours au télétravail :

  • 11% télétravaillaient à plein temps en 2018, contre 16% en septembre 2020
  • 37% télétravaillaient entre 1 et 4 jours par semaine en 2018, contre 71% en septembre 2020

Parmi ceux-ci, 37% ne le pratiquaient jamais en 2018, une expérience totalement nouvelle donc.

Mais des limites structurelles et sociales

Selon certains médias, ces chiffres mettent en évidence que le télétravail est une tendance de fond, qui va s’accélérer et pourrait devenir un modèle dominant. La réalité est plus nuancée. Car cette tendance se heurte d’abord à une réalité structurelle quasi-immuable : tous les salariés français ne peuvent pas télétravailler. Selon la DARES, 8,5 millions d’actifs pouvaient télétravailler au début de l’épidémie. A contrario, 19 millions ne le pouvaient pas. Et quand bien même certains métiers tendent à se digitaliser ou à être automatisés, ce n’est pas le cas pour tous, à l’instar des médecins, infirmiers, salariés de la distribution ou de la restauration, etc.

Le frein social existe bel et bien lui aussi. Côté employeurs, d’abord : bien que la crise ait permis de lever certaines réticences, tous ne sont pas prêts à franchir le cap durablement. Une enquête menée par Harris Interactive fin 2020 le confirme : 67% des salariés en présentiel à 100% estimaient que leur employeur les avait fait revenir au bureau pour effectuer des tâches qui auraient pu être réalisées à distance. D’ailleurs, à cette même période, parmi les métiers considérés comme « télétravaillables », 30% étaient pourtant effectués à 100% en présentiel. Côté salariés, ensuite : 39% estiment que leur métier ne peut pas être effectué à distance, et 25% estiment que c’est possible, mais avec difficulté.

A cela, il faut ajouter les risques psychosociaux. Ainsi, Harris Interactive indique que 4 salariés en télétravail sur 10 se sentent isolés, tandis que 3 sur 10 déclarent mal vivre le télétravail au quotidien. Les conséquences du confinement sur l’état de santé mentale des salariés français commencent à peine à être esquissées. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes : parmi les salariés français en télétravail à 100%, près de 6 sur 10 aimeraient revenir en présentiel au moins 1 jour par semaine. Un chiffre est tout à fait étonnant dans l’étude Opinionway pour Horoquartz. Il montre que la crise sanitaire n’a pas eu un impact aussi marqué qu’on l’imagine sur le souhait de télétravail exprimé par les salariés. En effet, en Septembre 2020, 51% des salariés indiquaient qu’ils aimeraient pouvoir recourir au travail à distance, contre 49% en 2018.

Une accélération plus qu’une révolution

La crise a agi comme un accélérateur certain du télétravail, et d’ailleurs selon une étude Odoxa, les Français pensent très majoritairement que ce mode de travail va se pérenniser. Néanmoins, d’autres études ont montré une baisse sensible du télétravail dès la fin du premier confinement, phénomène également constaté dans d’autres pays européens en particulier au Royaume-Uni.

 

Pour Thierry Bobineau Directeur Marketing d’Horoquartz : « il y aura une progression du télétravail, sûrement durable, mais il y a certainement aussi un plafond de verre aux alentours de 30% des salariés en raison des limites professionnelles, sociales voire psychologiques. Nos solutions gèrent le télétravail depuis plus de 10 ans et nos clients n’ont pas eu besoin de mettre en œuvre de nouveaux modules pour ce besoin. Pour ceux qui ne l’avaient pas encore déployé, nous les avons simplement aidés à mettre en œuvre les workflows de validation et les paramétrages nécessaires. »

Source : Harris Interactive – L’activité professionnelle des Français pendant le confinement

Marie Lasseron, Content Manager chez Horoquartz

This site is registered on wpml.org as a development site.